mercredi 8 avril 2009


Sorti de chez Ariaga ou de chez Brig,( que je salue ici et remercie) je ne m'en souviens plus... cette barque échouée.
J'avais mis cette photo et un titre échouage sur une page word que j'ai voulu travailler ce soir.


Echouage

Les hauts-fonds vers lesquels m’a entraînée la Vie,
Ballotée par les vagues, sans fin inassouvies,
Drossée par le Destin sur des rochers funestes

Me laissent dans la fange que mes tourments infestent.

Et le temps, immuable, parachève son œuvre
En actes réfléchis mais prompt à la manœuvre
Démantelant d’abord ma carcasse épuisée

S’attaquant à la lisse, pourrissant les bordés.

Il m’abandonne là, exsangue sur la grève

Attendant, patiemment, que dans la boue je crève,

Soumise à tous les vents et les intempéries
Jubilant par avance lorsque je dépéris.

Il sait que plus jamais je ne prendrai la mer,
Que je ne fendrai plus, grâce à ma proue altière,
Les flots des océans sages ou déchaînés
Puisque sur cette terre me voici aliéné.



Quelques news de ma Maman , 88 ans depuis le 3 avril! Peu de sommeil, encore moins de nourriture et la déception de se sentir lâchée par ses petits enfants. Solitude immense. Un syndrome de glissement que je ressens de plus en plus.
Pour moi, statu- quo...j'attends la fin de ce traitement pour aller voir à nouveau ce cher toubib et lui parler de ce que je qualifie d'innommable: la douleur lancinante.

Bonne soirée lecteur!

17 commentaires:

Laudith a dit…

Chère muse, ton texte est magnifique, j'ai suivi mot à mot la lente agonie de ce bateau...

La douleur ne devrait pas exister, j'espère que ta maman et toi allez vite vous rétablir, ma belle-mère a eu 88 ans le 5 avril, ton fils est-il bien remis de son accident.

Je te souhaite un prompt rétablissement.

Amitié poétique.

Azalaïs a dit…

difficile de supporter ce glissement vers le néant!
la mienne à 83 trois ans, je vis à côté de chez elle , mais ce n'est pas toujours simple car j'ai souvent l'impression que c'est elle qui nous rejette parce qu'elle n'accepte pas sa déchéance! tout ce que nous pouvons faire ne sert à rien
dans le cas de ta maman, tu as raison, on ne peut pas accepter la douleur physique.

je pense très fort à toi
bises

tanette a dit…

Douleur morale et douleur physique vous font à ta maman et à toi des jours bien difficiles que je ne saurais soulager mais je pense à vous deux et vous envoie une brassée de pensées positives.

brigetoun a dit…

une barque dans ce que nous appelons la crique du Français au bour du pré du petit chateau breton de la soeur.
Une dure période bien mise en mots - ai connu - je t'embrasse.
Je serai en Lozère le week end suivant mais à Marvejol juste le temps d"une réunion.

Holly Golightly a dit…

Je t'envoie ma tendresse, Muse.
Courage.
J'ai vécu ce que tu décris au sujet de ta maman avec ma grand-mère, qui m'a élevée, et dont je me suis occupé jusqu'à la fin.
Je comprends, je crois.

Anonyme a dit…

Contente de te retrouver. Bien sûr, tu es dans une situation où il est difficile d'être heureux. Perdre sa maman est une étape dure à vivre, mais tu fais tout ce qu'il faut pour qu'elle parte en douceur . Soigne-toi surtout! Je t'embrasse. Arlette.

Gérard a dit…

Dans l'ordre, que j'aurais aimé prendre cette photo, elle est magnifique. Ton poème comme d'habitude est limpide, émouvant et toujours bien composé. Pour ta maman, elle a quelques mois de plus que la mienne 88 le 17 décemmbre..le même jour que moi..pour la date seulement !

herbert a dit…

Bonjour, Muse.
Tout n'est que nostalgie et tristesse.
Tout n'est que glissement vers le néant.
Tes mots sont si beaux dans leur simplicité et leur pureté que tu nous fait épouser ton émotion dans son intensité.
Courage, Muse.
Je t'embrasse.

heure-bleue a dit…

Cette douleur te dit que ton corps se révolte, tu en as trop fait. Bon anniversaire à ta maman de 88 ans, un autre sujet d'inquiètude...

bataillou a dit…

bel épithaphe pour la fin d'un navire

jean-philippe a dit…

Un texte assez bouleversant , on sent une grande nostalgie ... et en lisant ce que tu écris à la suite de ton poème je comprends mieux . Aussi je te souhaite que le soleil revienne et que les nuages s'en aillent ! belle soirée !!

brigetoun a dit…

si tu n'es pas encore partie, je te serre l'épaule

Françoise a dit…

Bon courage à toi, Muse.
Je devine ce que tu peux ressentir, ayant connu moi-même cette situation il y a déjà quelques années.
Ton poème est très beau, très émouvant.
Je t'embrasse.

gicerilla a dit…

Je vous lis toujours avec l'étonnement de celle qui note que toujours, quel que soit le sujet, vous semblez rimer sans efforts ! Et le sort d'une barque pourrissante devient confession intime... Qui a dit que les objets avaient une âme ?

herbert a dit…

Bonjour, Muse.

Que les fêtes de Pâques soient belles pour toi et ceux qui te sont si proches...

Je pense à toi.
Je t'embrasse.

Viviane a dit…

Je viens prendre de tes nouvelles... et j'ai envie de repartir
N'as-tu pas un centre "anti-douleurs" près de chez toi? S'il y en a un, vas-y vite!
Je te souhaite une bonne fin de semaine
Je te fais un gros bisou
Viviane

Camo la rêveuse a dit…

Bonne continuation de semaine sans maux et avec du mieux pour ta maman... Les petits enfants quand ils grandissent sont de moins en moins famille... Une tradition qui se perd......