samedi 15 mars 2008

De Marie: Adieu Louise!

Mon dieu...le tsunami qui vient de me submerger laissera des traces dans ma vie!
Partie en catastrophe pour soigner ma maman, je rentre aujourd'ui chez moi avec la peine que peut créer la perte d'un être cher.
Le 30 janvier, ma maman me téléphone pour me dire qu'elle n'a pas ouvert ses volets, qu'elle n'a pas mangé et qu'elle a passé sa journée au lit. Mon départ s'est donc précipité.
Des anti-inflammatoires avaient eu raison de ses forces et une forte diarrhée venait de la terrasser. Au fond de son lit, je retrouvais une petite bougie, à la flamme chancelante. Plusieurs fois le médecin s'est déplacé lors de la première semaine pour enfin prescrire une prise de sang qui mettait en valeur cette anémie. Et la flamme devenait de jour en jour plus faible jusqu'à ce que la décision fut prise de la transfuser. Un sang A négatif, des anticorps négatifs ont fait qu'il a fallu faire appel à Toulouse pour expédier deux poches de globules rouges.

Maman sur la voie de la guérison, encore qu'à 86 ans on ne se remet pas aussi facilement , j'apprenais, le jeudi soir, que Marie, mon amie, ma grande soeur de plume certes mais surtout de coeur, celle que nos amis appelaient ma siamoise, tant nous arrivions à fusionner, menait son dernier combat contre "le crabe". Il fallait que je monte...je ne pouvais me résoudre de l'abandonner en pareille circonstances. Je négociais avec ma maman ce départ, mettant famille et voisins dans le coup et j'avalais les 800 kms dans l'angoisse que vous pouvez imaginer. Ma récompense: avoir pu la voir, croiser une dernière fois son regard qui semblait vouloir me dire "toi ici!" "mais qu'est ce que tu es venue faire"... et l'accompagner une nuit, un jour de ma présence. Et lui dire un dernier au revoir, lui dire à bientôt et lui dire que j'emportais avec moi le meilleur de cette amitié vieille de presque cinq années.

Ce soir je voudrais vous faire un cadeau, vous permettre de lire encore des poésies de Marie. A une certaine époque, nous avions publié sur la toile une folle histoire. Elle était Tomi, j'étais Lola...Et sur un site de rencontres nous avions fait se rencontrer ces deux-là. Ils avaient raconté leur famille, leurs espoirs, leur passion, leur amour...faisaient rêver leurs lecteurs et leurs lectrices jusqu'à la naissance de leur première fille, née le jour même où naissait Harold. Elle avait créé un personnage fantasque, une tante, nommée Louise. Mais souvent je lui avais dit combien cette Louise lui ressemblait. Et un soir je reçois ce poème sur MSN où nous dialoguions et discutions de nos écrits. Elle voulait faire mourir sa tante Louise. A force de la persuader de conserver ce personnage si sympathique, elle a accepté de ne jamais publier ce poème. Le voici aujourd'hui pour vous. Rappelez vous en le lisant qu'elle est décédée un dimanche...Prémonitoire?


Adieu Louise écrit par Marie



Quelle tristesse en ce dimanche
Jour du Seigneur, page de larmes,
Un bel oiseau quitte sa branche,
Lady Louise baisse les armes.

Instant fragile où tout bascule
Monsieur Néant, omniprésent,
Se moque bien des campanules
Qu’elle a semées pour le printemps.

Elle est partie, l’âme sereine,
En s’endormant dans cette enfance
Qu’elle a ralliée sans trop de peine...
Elle a rejoint sa fille Garance.

Le seul bonheur dans mon chagrin,
Est le clin d’œil à ton égard,
Et la pression de ses deux mains
Quand nous étions sur le départ.


Bientôt je nourrirais un blog dans lequel je vous ferais partager nos écrits anciens, des textes qui ne sont que d'elle et qui ont sans doute disparus, d'autres que nous avons écrit à deux et des photos de nos escapades. Sur les conseils de Phil,notre frangin, je l'appelerai " Siamoises". Ce sera pour moi une façon de lui rendre hommage.

Quinze jours de plus à rester à Marvejols auprès de ma maman pour la voir à peu près bien mais je sais déjà que je devrais faire la route souvent vers elle...
Ce tsunami m'a permis de prendre conscience du cercle d'amis que j'avais. Je vous remercie chaleureusement de vos marques de sympathie et l'émotion à lire vos commentaires me réchauffe le coeur. Je vous promets de venir vous répondre à chacun et vous demande un peu d'indulgence car mon retard est très important. Je vous embrasse tous

38 commentaires:

brigetoun a dit…

bonjour - je peux t'embrasser ?

Muse a dit…

Sans retenue Brig,je veux bien me laisser aller à pleurer un peu... il nous reste le souvenir d'une journée passée ensemble dans tes terres et que je garde bien au chaud au fond de mon coeur.

Anonyme a dit…

Bonsoir Muse

Merci pour ce poème, pour ce billet, pour ce projet.
Tu parles de prémonition, il m'est arrivé ce soir quelque chose d'infiniment troublant dont je te ferai bientôt part.
Le groupe sanguin de Marie devait certainement être O-, donneur universel.

Suis heureux de te relire, Muse.
Bises.

Rom

Muse a dit…

Je ne connaissais pas le groupe sanguin de Marie.
Pense à m'écrire pour que je puisse avoir ton mail...j'attends avec impatience cette photo que je n'ai pas pu avoir en mms. Je t'embrasse avec tendresse.

Anonyme a dit…

émotion, larmes aux yeux.
Merci Muse.
Je t'embrasse.
Ether

Lyse a dit…

Merci pour les mots quue viens d'écrire pour nous
Prends tout le temps qu'il faut
Je t'embrasse très fort ma petite Muse.

Muse a dit…

Ether, tu sais qu'au delà de nos larmes et de notre chagrin, je reste proche de toi. Je t'embrasse.

Muse a dit…

Lyse comment te remercier pour ces mots et ton attention sur ton blog? A lire tous les commentaires la concernant me bouleverse.

Holly Golightly a dit…

Muse, je viens de te lire. J'irai lire "Siamoises".
J'ai le coeur qui va éclater, en proie à des émotions violentes.
Tu es une personne vraiment bien.
Je me permets de t'embrasser très fort.

tanette a dit…

Merci Muse de ton passage. J'étais justement entrain de lire chez toi avec beaucoup d'émotion. Je t'embrasse et te souhaite tout le courage dont tu as besoin.

Muse a dit…

Holly, je vais vous faire partager des mois d'écriture avec elle, c'est le moins que je puisse faire pour tous ceux qui l'ont aimé. Les émotions aussi violentes soient elles nous rappellent celle qui nous manque tant.

Muse a dit…

merci Tanette, l'émotion est aussi devant mon écran en lisant tous ces hommages.

Anonyme a dit…

Muse !! Tu est là !! Triste mais sereine, je t'ai vu, je l'ai senti dès le 1 er regard.
Avec ton chagrin et ta peine mais tant de souvenirs qui réchaufferont ton coeur quand tu aura "froid".
N'écoutant que ton instinct,tu as eut le temps d échanger un ultime moment précieux avec ta siamoise.
Instant magique avant qu'elle ne parte se reposer vers les étoiles, instant apaisant pour vous 2...
Tu as fait ce qu'il y avait de mieux pour Marie, pour ta Maman, pour toi.
Ton coeur, encore grandi par cet évènement déborde d'amour. De l'amour, tu en as besoin toi aussi!!
Tout comme tu le fais avec nous, nous sommes là,tes amis, prêts a partager les bons et les mauvais moments...
Merci de nous faire partager tes échanges avec ta frangine et cette belle partie de vos vies. C'est un beau cadeau que tu nous fait.
Je t'embrasse de tout mon coeur ma Muse.
Ta Ptit'Mary

Muse a dit…

Merci à toi Ptit' Mary, vous avoir rencontré toi et Phil n'a pu que me faire le plus grand bien; et vou revoir encore cette après midi ne pourra qu'être que bonheur. Merci pour tous ces mots que tu me dis, que tu écris. Je connais la valeur de ton amitié, j'espère juste en être digne et pouvoir te donner ce que tu mérites.

Mamselle Poivert a dit…

Je viendrai lire Siamoises, moi aussi. A bientôt.

Elisanne a dit…

Tendres pensées

Muse a dit…

A bientôt Mamselle poivert. Marie me parlais parfois de vous.

Muse a dit…

Bises et amitiés Elisanne

Anonyme a dit…

Muse, je n'ai pas voulu encombrer davantage ta BAL et j'ai également pensé qu'il fallait que je partage ce petit bonheur avec tes lect(eurs)/(rices)

Hier soir, j'ai décidé de regarder un documentaire québécois, "Le dernier continent".
Une équipe de scientifiques décide de passer l'hiver en Antarctique pour observer l'ampleur du réchauffement climatique.
En arrivant dans la station, ils mettent au frais les denrées alimentaires en les enterrant sous la neige.

Allez voir ici
http://richter.s.free.fr/Marie/Mariel.jpg

Ai-je besoin d'en dire plus sur ce clin d'oeil ? même la couleur correspond à celle de son blog!

Bon dimanche, bises

Rom

Muse a dit…

tout simplement étonnant...Elle n'en finira pas de nous surprendre ;) Bon dimanche Rom et Bises affectueuses

heure-bleue a dit…

Ta note me touche à plus d'un titre, le crabe nous cerne tous et la peur nous accompagne. Je t'embrasse. Michèle

Muse a dit…

Merci Heure Bleue. Je sais ce que tu veux dire. Je t'embrasse.

Gérard a dit…

Je ne connaissais Mariel que par ses petits mots gentils déposés chaque matin depuis plusieurs années, quand j'ai appris, mes yeux étaient rouges et mouillés...merci Muse d'être passée.

Nathalie K. a dit…

C'est difficile de perdre une amie, un etre a egalite, juste comme nous que nous aimions, et il n'y a pas beaucoup d'explications.Je t'embrasse.

Rosie a dit…

Muse, ma muse, tu ne t'est pas beaucoup amusée ces derniers temps... soupir... je suis si triste pour toi, d'abord ta douce maman ensuite ta soeur siamoise, notre douce Marie.

Je te lisais, et mon émotion remontait, car tu nous as partagé tes derniers moments avec elle.

Merci de nous avoir publié ce poème qu'elle avait écrit, prémonition, de la mort d'un de ces personnages, un dimanche....

Repose-toi, prend du temps pour toi, de calmer ta peine d'une si grosse perte.

Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.

Muse a dit…

la gentillesse Gérard voilà bien notre Marie, le coeur toujours ouvert.

Muse a dit…

Merci Nathalie de ton soutien. Je pense aussi en ce moment à sa famille, ses enfants et ses petits-enfants.

Muse a dit…

Rosie, cela fait partie de la vie, hélàs. En naissant nous portons notre mort en bagage. Nous le savons, même si nous essayons de l'oublier. J'aurai pu perdre deux personnes pendant ces quarante cinq jours. Le départ de cette grande amie m'a beaucoup affectée et je dois dire que j'étais fortement fragilisée par ce que je venais de vivre en Lozère chez ma Maman. Reste à remonter la pente, à se dire que le soleil continue à se lever et que la nuit viendra bien assez tôt.

herbert a dit…

Muse, ce que tu écris est très émouvant.
Je ne peux rien faire d'autre que de tenter de partager cette douleur que tu ressens.
Bisous pour toi.

Gaëna a dit…

Ma petite Muse

La perte, le manque... T'habituer à l'absence, si on peut... Ton chagrin... Je suis très émue tu sais.

Je pense fort à toi...

Je t'embrasse

Anonyme a dit…

Ne te fatigue pas à nous répondre, nous savons que tu as lu nos messages! Très sensible à ce poème, sensible à ton chagrin, mais je sais que tu vas surmonter cette épreuve et l'écriture est une très bonne psychothérapie. Courage, Muse! Arlette

ariaga a dit…

Je ne l'ai connue que quelques mois sur nos blogs mais cela suffisait à s'attacher. C'était une femme sensible, intelligente, avide de connaissances et je comprends le chagrin que ce soit-être de perdre une amie pareille? Je t'embrasse fort.

Muse a dit…

Gaëna, merci de ton passage ici. Je t'ai répondu dès que j'ai trouvé ton mail.(boite plus très utilisée)

Muse a dit…

Merci aussi à toi Arlette, je t'écrirai demain.Il faut et je dois me booster. J'en connais une qui m'aurait déjà secouée, tant elle m'aimait.

Muse a dit…

Et pour en revenir à ta partie, elle se voyait survolant le Portugal, poussière d'étoiles il n'y a pas si longtemps. merci de cette marque d'affection Ariaga.

lancelot a dit…

Merci pour ce poème. Je viens partager ton chagrin ainsi que mon amitié.

Vincent a dit…

sacrée Muse!!!
Il a fallu que je verse une larmichette.
J'avais déjà pas mal versé de larmes (je te le jure) lors de son départ.
Et je suis venu, j'ai lu, et je suis suis ému.
Merci pour ces émotions qu'elle toi nous avez prodiguées.
Je sens que c'est pas fini.
Je vous embrasse marie et toi.

Le_peintre a dit…

Marie sirote l'infini en écoutant du jazz en nous attendant. Je t'embrasse.