mardi 25 novembre 2008

retour

Me voici de retour.
De doux moments me dites vous...Oui, nous en avons eu; mais elle a connu aussi des moments de grande fatigue, notamment le samedi où elle a passé sa matinée au lit. Son âge, 87 ans, excuse beaucoup ces instants où elle m'abandonne pour le lit ou le fauteuil. Vous l'entendrez souvent citer Charles de Gaulle: "La vieillesse est un naufrage!" Elle est lucide.

Peu de temps pour travailler et lui faire des travaux qu'elle ne peut plus assurer. S'occuper de lui rentrer les chrysanthèmes, d'entretenir son jardin d'hiver. Mais beaucoup de partage de petits riens, de petites choses. Parler de mon père ou de mon frère, trop tôt disparus.

Je vous ai déjà évoqué sa mémoire. Elle est la mémoire vivante de notre famille. Ses souvenirs sont riches d'anecdotes. Il faut la voir quand elle raconte, voir ses yeux briller, ses mains se nouer. Je ressens le besoin de la faire parler, de lui faire raconter son enfance...raconter et raconter encore...

J'essaye d'aller la voir toutes les trois semaines; elle vit seule et à son âge ce n'est pas évident. Ce ne sont pas les coups de téléphones journaliers qui peuvent lui apporter une présence qu'elle réclame même si cela lui donne un peu de chaleur.

Bonne soirée lecteur

16 commentaires:

magali a dit…

tu as raison de monter souvent l'a voir, je suppose que tu voudrais pouvoir être encore plus présente.. pas évident de savoir sa maman agée et loin... bisous Muse

Wictoria a dit…

comme c'est beau de lire ces moments fugaces, qui durent par ton écriture et qui se perpétuent dans notre coeur à nous.
Je pense souvent aux "après", après maintenant, que devient la vie quand elle ne ressemble plus à nos repères, à ce qui nous réconfortait. La vie, elle deviendra comme si l'on passe une frontière, timide et peu assurée.
Gardons nos interprêtes...
bonne soirée

Muse a dit…

C'est vrai Magali que c'est d'autant plus difficile qu'elle est le dernier lien qui me raccroche à mon enfance. Nous étions quatre et ne sommes plus que deux.

Wictoria, je ne puis prétendre savoir ce qui se passe après; l'après de celui qui part je l'imagine fait de tant de gestes, de tant de mots, de tant d'images en direction de ceux qu'il a quitté.

Il connait la peine, la souffrance des membres de ceux qu'il a aimé et il est là à chaque moment difficile.

J'en connais une en particulier qui aime me visiter et me faire sourire quotidiennement, il faut dire que nous avons tant partagé. Mais les signes que je reçois sont si tangibles que je vois l'au-delà ainsi.

Gérard a dit…

Je t'admire, tu es aux petits soins, je suis sûr que çà la réconforte de savoir qu'elle peut compter sur toi.

brigetoun a dit…

je t'envie surtout - 87 ans et mémoire vivante, et toujours presque active malgré des petits coups de fatigue !
Je comprends ton besoin de l'entourer, et je retiendrais avec amour un peu mon souffle
PS tu aurais pu laisser sur place les rigueurs de l'hiver au lieu de nous les ramener, (lol)

tanette a dit…

J'imagine votre plaisir à partager les souvenirs communs. On ne le fait jamais assez. Une chance qu'elle ait sa mémoire intacte. Bises à vous deux.

Anonyme a dit…

Douce maman! Pourquoi ne l'enregistres-tu pas qd elle raconte? Je regrette tant de ne pas l'avoir fait avec mes parents! Ce sont des moments uniques, inoubliables, que tu vis là. Je t'embrasse. Arlette.

herbert a dit…

Bonjour, Muse.
Comme tu parles bien de ta maman et comme tu l'aimes.
C'est sans doute normal d'aimer sa maman. Mais il y a la façon de le dire...

Merci d'aboir pris le train de nulle part.
Bon courage et bonne journée
Bisous

Bérangère a dit…

prends des notes, bois ses paroles, un jour il sera tard....

Vincent a dit…

coucou Muse!!!
heureux de te savoir rentrée sans encombre (avec ce temps!). J'espère que tu l'a dorlotée.
la mienne (née en 1917) vit seule dans une très grande maison du cantal. Elle ne veut pas la quitter (ses souvenirs, ses objets, ses meubles) et se débrouille assez toute seule mais j'ai la chance que ma sœur habite à 5km et la soigne bien.
Je pense que cette autonomie l'aide à rester malgré tout relativement agile et lucide pour son âge.
Heureusement qu'il y a des voisins serviables et que la solidarité existe encore dans ces petits hameaux d'altitude.
la prochaine fois, fais lui des Poutoux de ma part.
bises à toi.

jalhouse a dit…

C'est tellement émouvant ce que tu racontes ... Moi qui suis bénévole dans une maison de retraite , j'en vois plein qui sont seuls à longueur de journées , de semaines . je ne suis que de passage auprès d'eux pour leur apporter un peu de réconfort , un sourire ,une présence . Ca leur fait plaisir bien sur , mais ,je ne remplacerais jamais la présence de leurs enfants , de leur famille .
je te félicite pour toute l'attention que tu lui offres .
je t'embrasse ma muse , décidemment très belle dame !!!!

Françoise a dit…

Oui, il faut profiter de ses parents, de sa mère, tant qu'ils sont là, et parler avec eux, les écouter. Je n'ai plus qu'une tante avec laquelle je peux ainsi discuter, et j'adore l'écouter parler et raconter des histoires anciennes. Ce sont des moments forts et dont je profite au maximum. Profites en Muse, tu as raison. Tu lui fais du bien, et tu te fais du bien à toi aussi.
Belle soirée à toi. Je t'embrasse.

jean-philippe a dit…

un retour aux sources ! oui, j'imagine aisément que cela n'a pas du etre que du plaisir et de la joie ...87 ans !! c'est un bel age et le naufrage de la vieillesse reculera tant que tu seras là à ses cotés !!! je te salue O muse !!

nina de zio peppino a dit…

Tu as de la chance d'en profiter. Ma mère n'a connu aucun de ses petits enfants. Partie bien trop jeune.

titia a dit…

Savoir écouter ce que l'on nous raconte...La vieillesse devrait être précieuse pour les jeunes car elle leur appartient...
J'ai écrit cela...Car je suis sensible à elle, à eux ... Tout simplement.
http://titia-d-or.erog.fr/article-24481201.html
Bonne lecture...

fbd a dit…

Je retrouve à te lire des émotions passées...