mardi 27 mai 2008

Allez Joséphine, je viens encore chez toi pour entendre ton histoire de maraké...Je ne te demande plus de qui tu tiens cette histoire. Les enfants seront encore sage ce soir à t'écouter.


Dans la matinée Antecume était passé au village. Il avait promis de venir avec de tapirs fraîchement tués. Kulunaïlu aimait bien parler avec Antécume. Antécume Pata n’était pas son vrai nom ; il avait été ouvrier chez Michelin et avait un jour débarqué en Guyane et plus particulièrement chez les Indiens. Gravement malade, il avait été recueilli par un village et soigné par eux. Il était tombé amoureux de la fille du chef, l ‘avait épousé et avait décidé de rester vivre avec eux et comme eux. A la mort de son beau père, le village avait changé d’endroit et pris le nom de leur nouveau chef Antécume Pata. Cela éviterait aux âmes de trop de morts de hanter le village.
C'était lui qui avait organisé la nivrée du lendemain ; La nivrée est une pêche, un peu spéciale…

Ce matin là, dès six heures, tout le village était en ébullition. De leurs carbets, les Indiens sortaient avec des katuris, des lances en bois et des arcs et flèches.

La brume de chaleur, épaisse, enveloppait le fleuve. Le jour venait à peine de se lever. Les oiseaux se réveillaient, poussant à la cime des arbres des cris perçants. Les chiens aussi rajoutaient à ce concert de bruits en jappant, courant après les enfants.

L’heure d’embarquer venait d’arriver. Trois pirogues descendaient le fleuve, les moteurs s’entendaient à des kilomètres. C’étaient des moteurs hors bord de soixante chevaux qui permettaient aux pirogues de franchir des distances beaucoup plus longues sans se fatiguer. Le temps de la navigation à la rame était presque terminé.

Antécume était dans l’une d’elles. Il se tenait près du takari, celui qui conduit le bateau. Un homme, debout devant chaque pirogue signale les pièges du fleuve, un tronc d’arbre, un rocher cet homme porte le nom de bossman. Ils s’arrêtèrent un instant près du dégrad*, *quai, aujourd’hui cimenté le temps que chacun monte dans les pirogues et ce furent pas moins de huit embarcations qui partirent ce matin là vers le lieu de la pêche.



école de Maripasoula
J'ai enseigné dans cette classe, au fond à droite, la classe de gauche. Au milieu le préau, qui servait aussi de réfectoire le midi..

Bonne soirée à toi lecteur!

Prépare toi à découvrir les aventures de Lola et Tomi écrites conjointement avec Marie sur Siamoises... Avec Lola et Tomi ce seront plus de 300 poèmes écrits par nous quasiment chaque soir pendant un an.Pour l'instant le blog s'étoffe de nos poèmes et bientôt d'autres poètes connus à cette époque là! Et bien sûr des photos, inédites de vous.


http://mimulata.blogspot.com/

11 commentaires:

tanette a dit…

Je découvre beaucoup de mots nouveaux dans ton récit d'aujourd'hui. Que de souvenirs pour toi cette école où tu as enseigné, sûrement bien différente de celles où tu as enseigné à ton rerour ici.
Bonne soirée à toi Muse.

Bérangère a dit…

rien que la photo de l'école ça me fait rêver...merci !

Laudith a dit…

Un récit bien passionnant...

Es-tu restée en relation avec des anciens élèves Muse ??

Mon ex aussi était dans l'enseignement, prof de français, mais il a toujours enseigné en France, ensuite il est devenu inspecteur de l'éducation nationale, il a cessé ce métier pour se consacrer à sa vie d'élu.

Douce nuit à toi.

Gérard a dit…

j'attends tes poèmes avec Marie.

brigetoun a dit…

je croyais que tu ne voulais plus.. et là tu nous dois la suite.
Je me souviens du temps de Lola et Tomi et Marie l s'amusant à commenter en tant que Tomi, alors que je ne savais pas que c'était elle

herbert a dit…

Bonjour, Muse.
Le récit me passionne toujours, mais, ce qui me plaît le plus, aujourd'dui, c'est de voir un lieu où tu as enseigné.
L'émotio,quoi...
Bonne journée.Merci
Et bisous

camomille a dit…

Très beau billet.. Une bien jolie écoles... J'ai retrouvé le soleil, et je me sens presque au paradis, comme quoi il en faut peu pour apprécier la vie... Bonne journée Plume et bises amicales !

Sconette a dit…

Bonsoir Muse,

Je termine ma tournée des popotes chez toi... mais auparavant je m'étais munie d'un dictionnaire ! Hélas, je n'ai pas trouvé ce (cette ?) maraké.

Il va falloir que je parle de ce blog à mon amie anglaise qui a enseigné pendant 25 ans en Guyane (anglaise bien sûr)

Merci pour ce dépaysement ! Bonne soirée !

Muse a dit…

le maraké est une épreuve d'initiation que passe tout wayana désireux de rentrer dans l'âge adulte...Les Indiens d'Amérique avaient coutume d'aller chercher dans une aire une plume d'aigle...attendez voir de connaître la façon des Wayanas.

ariaga a dit…

Merci Muse de ta bienveillance qui te fait rester fidèle à mon blog malgré le peu de temps que j'ai pu lui consacrer ces derniers temps. Je t'embrasse.

camomille a dit…

Bonjour Muse ! Passage rapide, pour te souhaiter une bonne journée, que je souhaite aussi ensoleillée qu'en Béarn.... Bises de camo !