jeudi 22 mai 2008

Joséphine ce soir là avait sorti la bouteille de coeur de chauffe, le citron vert et le sirop de sucre de canne maison. Une vraie cérémonie que le ti' punch... Il y avait auprès d'elle ce soir là les hommes qui avaient compté dans sa vie et qui venaient la visiter. Il faut dire que son punch valait vraiment le détour.



La réunion pouvait commencer. Ils s'assirent sur de petits bancs en bois, les kololos et le capitaine du village prit la parole.

"- Nous avons reçu la visite ces jours derniers des chamans de trois villages.
La tradition se perd;les jeunes lorsqu'il descendent à Maripasoula pour vendre et commercer dépensent l'argent au café. Ils se saoûlent et ne pensent qu'à s'habiller comme les Blancs..."
Nous devons leur faire retrouver les traditions, la coutume et nos lois."

kololo

Il a donc été décidé de faire un maraké, un grand maraké; pas seulement pour les jeunes. Les adultes aussi seront invités à le repasser ."

Kulinaïlu n'arrivait pas à dormir; elle attendait avec impatience la nouvelle. Lorsque son père revint beaucoup plus tard, il s'adressa à sa femme pensant que sa fille dormait, et elle eut le bonheur d'apprendre que sa candidature avait été retenue avec six autres jeunes des villages. Il y aurait donc cinq garçons et deux filles. Il avait été dit que les adultes seraient invités à repasser leur maraké; le vieux capitaine du village en serait à son quatrième. Ils avaient une vingtaine de jours pour effectuer les préparatifs de la toute première cérémonie, la première danse kalau; dès le lendemain des Indiens d'autres villages viendront aider qui à la chasse qui à la pêche; une nivrée était organisé dans trois jours. En attendant, il fallait dormir. La petite Kulinaïlu passa la tête hors du hamac et dit; "Merci Papa!" Ce fut pour elle la nuit la plus belle depuis celle où son petit frère était né.

Le lendemain matin après le petit déjeuner et la toilette la mère et la fille se remirent à la confection des galettes de cassave.


Elles détendirent la couleuvre en ôtant les lourdes pierres et la renversèrent sur une grande platine, une sorte de grande plaque sous lequel ronflait un feu vif. Puis à l'aide de palettes de bois, elles remuèrent le manioc de manière à le faire sécher lentement.

Peu à peu, on distinguait des grains de manioc; la première étape était presque terminée; elles avaient dans un premier temps obtenu le "couac". Les Bonis le consommaient surtout à ce stade, le matin au petit déjeuner. Café noir et couac...

En continuant encore, elles obtiendraient de la farine de manioc qui pourrait faire de si bonnes crêpes, des galettes succulentes qui se conserveraient longtemps encore. Il faudrait en faire une grande quantité pour nourrir tous ces gens pendant les deux jours que dureraient les premières festivités.




La chaleur du feu, la température extérieure faisaient qu'elles étaient en nage. Des torrents de sueur dévalaient de la tête au cou, entre les seins nus. Heureusement que les tenues indiennes ne sont pas très compliquées; juste une petite pièce de tissu rouge, noué autour de la ceinture


Les galettes avaient bien avancées ; on en avait déjà un grand nombre ; et on savait aussi que des autres villages arriverait aussi de la nourriture.



Que ta journée lecteur,soit ensoleillée et belle.

24 commentaires:

patriarch a dit…

C'est avec plaisir que je lis ton ouvrage !! ;-)

Francois et fier de l'Être a dit…

Ces galettes sentent le vécu.

Rom a dit…

"Kulinaïlu n'arrivait pas à dormir" moi non plus.
Des images belles et exotiques, mises en valeur par le texte.

tanette a dit…

Bonnbe soirée Muse, à demain pour la suite...

camomille a dit…

Bonsoir Muse, je prends un grand plaisir à te lire, je me sens en vacances.... Merci pour ces descriptions si bien faites et les photos... Bonne soirée !

Anonyme a dit…

Bonne soirée Muse.
Ether

herbert a dit…

Muse, bonjour.
Et toujours merci pour cette lecture que tu nous offres, dont on ne se lasse jamais.
Bisous pour toi

heure-bleue a dit…

C'est quoi un maraké ?...

Anonyme a dit…

Bien belle histoire! Ce giromon est magnifique et le gratin va être bon.N'est-ce pas semblable au potimarron que nous avons ici? Grosses bises à toi et bonne journée! Arlette

Lyse a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Lyse a dit…

Bonjour ma petite Muse
J evais prendre le temps de lire tranquillement la suite de cette belle histoire
Un petit serrement de coeur : ce n'est pas cette année que je la lirai à mes petits écoliers
Je t'embrasse. Passe une belle journée

brigetoun a dit…

en retard mais j'ai dégusté tout de même (mais j'aurais bien aimé le faire en goutant le punch, quitte à être assommée)
et je me demandais : ça a quel goût le couac?

Bérangère a dit…

nous aussi en Bretagne on a des galettes...pfft ! Bon week-end à toi ;-)

Sconette a dit…

Bonjour Muse,

Grâce à toi j'apprends : hier le giromon, aujourd'hui les graines (je crois) de cassave, manioc avec lequel on fait des galettes... Eh bien j'en ai mangé à midi... des galettes, bretonnes celles-là : des galettes de blé noir bien beurrées au beurre salé avec des oeufs miroirs, une bolée de cidre doux et une bolée de lait ribot ! Je suis parée pour courir un marathon ! Bonne journée Muse, et bisous !

Mathilde a dit…

Bonjour Muse,

La journée sera belle, il faut que tu le saches, ces lectures nous transportent dans un ailleurs lumineux... Merci à toi. Je suis enfin de retour parmi vous et j'en suis ravie.
Bon WE à toi Muse à très bientôt.

camomille a dit…

Je te souhaite unne belle journée Muse ! Bises amicales de camo !

Rom a dit…

Une pensée pour toi, ce soir.
Une autre pour ta maman, demain

herbert a dit…

Deux roses : une pour ta maman et une pour toi.
J'ai enlevé les épines.
A bientôt et bisous.

camomille a dit…

Bonne fête aux deux mamans, que votre journée soit belle... Bises Muse !

CarrieB a dit…

Comme quoi il n'y a pas de voyage plus efficace que celui qu'on peut faire en lisant des récits d'ailleurs...et des bises en passant, ça faisait longtemps.

Gérard a dit…

Non Muse merci pas de galette, en Autriche les repas étaient copieux....

Sconette a dit…

Bonjour Muse ! A quoi voit-on qu'un cheval n'est pas content ? Eh bien par exemple lorsqu'il refuse de se laisser photographier et qu'il montre systématiquement son arrière dès qu'il voit un appareil. C'est ce qui m'est arrivé !

camomille a dit…

Je te souhaite un bon début de semaine Muse... A bientôt ! Bisous de camo !

tanette a dit…

Bonne semaine Muse.