vendredi 30 mai 2008

Josephine aimait beaucoup les enfants...les siens étaient grands à présent; mais elle était arrière grand-mère et ses arrières-petits- fils lui amenaient souvent leurs copains à la sortie de l'école. Ce qui les faisait venir aussi c'était le goyavier qui faisait de l'ombre sur la droite de sa terrasse. Il était à cette époque de l'année chargé de fruits.

Les adultes , l'eau à mi- cuisse, la lance levée scrutaient l'eau pour y apercevoir les poissons endormis, sans réaction. Puis d'un geste précis, le bras se détendait et la lance partait, plongeant dans l'eau brunâtre du fleuve; Et il la ressortait avec au bout,un gros poisson. Les petits poissons eux, complètement endormis par le jus empoissonné, dérivaient avec le courant vers les filets qu'avaient tendus les femmes.

D'autres s'exerçaient à l'arc;le plus dur restant pour eux de repérer le poisson.

La pêche terminée, les pirogues descendirent le fleuve pour rejoindre le village. Tous les visages étaient souriants, car elle avait été bonne;il fallait maintenant songer à conserver tout ces poissons. Un feu avait été préparé par les vieilles femmes du village et elles installaient les poissons sur des feuillages au-dessus de chaque foyer, pour les mettre à sécher et à fumer.

Chacun se dirigeait vers le carbet cuisine pour y récupérer un peu de nourriture. La nuit allait venir; il fallait que chacun rentre chez lui; le coeur de Kulinaïlu se pinça lorsqu'elle vit partir le canot d'Ulu.
Ce matin là, d'aval ou d'amont de la rivière, les canots arrivaient, déchargeant les hommes, les femmes et les enfants et même les chiens.


cariacou
Chacun apportait les grands faitouts ronds,la nourriture déjà cuisinés et le gibier. Des hommes se mirent à bâtir un grand étal sur lequel ils déposèrent les plats déjà préparés; d'autres avaient allumés plusieurs foyers qu'on alimentait en bois morts, travail réservé au plus jeunes. Les femmes dépeçaient et découpaient en morceau les viandes fraîches: les agoutis, le cochon bois, le cariacou, les caïmans et le fameux tapir.

tapir

Les vieilles femmes mettaient la dernière main à la confection du cachiri. Des centaines de litres allaient être bus pendant ces quelques jours; peu à peu les yeux des hommes et des femmes s'injecteraient de sang mais rien ni personne ne pourrait arrêter cette beuverie, jusqu'à ce que le dernier faitout soit vide
.

bonne soirée lecteur...et bon début de week-end surtout. Que le soleil soit généreux et annonciateur enfin de l'été...



16 commentaires:

Anonyme a dit…

Toujours autant de plaisir à se plonger dans l'exotisme de ces textes!!
OUI, Muse tu as raison on a envie de soleil peuchère !! hi hi :-)
Je t'embrasse
Ptit'mary

Anonyme a dit…

Et non, le soleil n'est pas généreux, tant pis pour lui! J'ai tant de choses à faire en ce moment...Mais je prends toujours le temps de te lire, c'est ma récré. Bonne soirée ! Arlette.

Sconette a dit…

Bonsoir Muse,

As-tu pensé en faire un livre de toutes ces lignes ? Tu sais... pour la postérité !

Mais trêve de plaisanterie c'est très intéressant, je regrette seulement de ne pas tout comprendre car il me manque les connaissances pour comprendre certains termes.

Bon week-end Muse avec du soleil si possible !

Muse a dit…

tu peux me demander Sconette, je répondrais, promis!

patriarch a dit…

J'aime bien ton récit qui marie la nature et la vie !! Bonne soirée.

brigetoun a dit…

merveille de cette pèche à la lance.Mais quel goût à la boisson ?

tanette a dit…

Bon récit de pêche. J'apprends toujours des mots nouveaux dans tes écrits... Bon week-end.

camomille a dit…

Tout semble si simple et merveilleux dans tes récits.... Je te souhaite de continuer longtemps ! Bon samedi Muse et bises de camo !

herbert a dit…

Bonjour, Muse.
Je suis là, toujours là, et je continue de lire et de regarder.
C'est facile de se dépayser avec toi.
Merci beaucoup.
Bisous pour toi

Rom a dit…

Bonjour, Muse
Je passe et te lis, témoignage de mon assiduité.

Viviane a dit…

J'adore ces histoires, je viens lire régulièrement sans jamais oser laisser un commentaire.
Merci et bonne journée.

mamounette a dit…

Super je continue à voyager avec tes narrations fort bien écrites. Détails, descriptions, on peut te suivre pas à pas. Merci et bravo. Bises

Gérard a dit…

Le tapir est le fourmilier sont ils de la même famille ?

Anonyme a dit…

Bonjour Muse! Et oui, il ne manquait que toi au Thor, mais je reconnais que ces 2 expos sont bien rapprochées et j'essaie de ne pas trop ennuyer mes amis!
J'aime bien le cariacou: il a l'air doux et est élégant, je ne connaissais pas. Tes histoires font rêver, moi qui ne connais rien en dehors de l'Europe! Je t'embrasse. Arlette.

camomille a dit…

Bonjour Muse.. Que ce premier dimanche de juin soit beau.. Passe une belle journée ! Bises de camo !

tanette a dit…

Bonne fin de journée Muse !