dimanche 1 juin 2008

"Ah si tu savais me dit Joséphine, je préfère de loin la Parbo, cette bière surinamienne faite à base d'ananas que le cachiri. Le cachiri est bien trop doucereux à mon goût et tu n'aimerais pas la façon que les indiennes ont de le préparer. Tu sais que les femmes mâchent le manioc et le recrachent dans un faitout puis laissent à fermenter quelques temps. Mais ce n'est pas une boisson assez forte pour moi..."

Les chamans venaient de se retirer du village pour pouvoir préparer le rituel de la cérémonie.

Chacun des sorciers, commença par désigner les postulants. La palabre dura un moment concernant les deux filles qui devaient participer. On étudia leur cas avec beaucoup d'attention et finalement elles furent reçues toutes les deux. Pour les garçons il n'y avait aucun problème; ils avaient tous atteint l'âge. Les filles étaient plus jeunes, mais tellement plus mûres et déjà en âge de se marier...

Le retour des chamans au village se fit dans la joie générale et tout le monde se regroupa près du tukusipan. Le chef de notre village étendit le bras pour faire taire l'assistance. Chaque chaman, dans l'ordre de son ancienneté appela les postulants qui vinrent se réunir près d’eux. On en comptait sept à passer le maraké.


On les fit asseoir à même le sol. Chacun retourna à ses activités sans plus se préoccuper de ces novices. Il restèrent là, en silence sous le soleil qui montait haut dans le ciel. Arriva midi; ils entendirent les cris de joie que poussait l'assistance lorsque des plats étaient servis.

Ils entendaient le bruit de flutes nasales faites dans des os de cariacous*(*petite biche) de petites cythares dont la caisse de résonance n'était autre que la carapace d'une tortue. Puis se fut les longues mélopées . L'après midi avançait et personne n'était venu leur proposer à manger ni à boire. Ils étaient là assis à même le sol sans manger pendant que le reste de la troupe s'empiffrait. Ils avaient aidé au déchargement des canots, ils avaient vu les victuailles sur ces étals.


La faim commençait à les tenailler; la soif aussi. A la nuit tombée, on les laissa retourner dans leur hamac.

Nous en étions au vingtième jour...Au village arrivaient les danseurs des villages d'en bas dans des canots conduits à la pagaie. Ils débarquèrent le plus lentement possible et s'installèrent dans un carbet construit à leur intention. Il venaient pour la première danse kalau.

Je vous parlerai de ces chants kalau et vous comprendrez peut être le sens des danses qui les accompagnent. En attendant je vous souhaite une bonne fin d'après midi et une bonne soirée!

14 commentaires:

patriarch a dit…

Ou tu as vécu dans ces contrées, ou tu t'es bien documentée !!

Bonne soirée ;-)

Muse a dit…

j'y ai exercé mon métier pendant trois années, tout à côté de ces tribus d'Amérindiens...et j'ai aussi de la doc!

Laudith a dit…

Etant dans les travaux chez moi et mon fils de retour du Japon hier, j'ai pris un peu de retard en lecture et viens de me rattraper...

Tes récits sont passionnants.

Bonne nuit Muse.

Gérard a dit…

Tu enseignais quelle discipline dans ces contrées ? le français sans doute !

Rom a dit…

J'ai le souvenir de la monstruosité , fascinante et belle de taille, de certaines espèces du monde animal venant se figer, comme des trophées exilés, sur des murs que balaye le mistral.
Bonne nuit, Muse, et merci pour tous les souvenirs, ici ou ailleurs.

Muse a dit…

Hé hé un fils au Japon, mais c'est merveilleux ça Laudith!
J'étais "petite" instit Gérard, de notre école publique et laïque...Le français entre autre ;)
quelques souvenirs Rom mais l'essentiel reste au fond de mon coeur et j'emporterai certains d'entre eux avec moi...

brigetoun a dit…

que tu rends bien cela et l'amour de ce pays
merci pour la réponse quant au gout du cachin.
Initiation par l'endurance ?

herbert a dit…

Je me lasse jamais de découvrir ce que je ne connais pas.
Et surtout quand la perception vient de toi.
Merci, Muse.
Bonne journée.

Viviane a dit…

Bonjour Muse,
je viens de lire un joli récit, tu racontes si bien!
Je te remercie de venir voir ce que j'écris, un peu surprise que tu aimes, tout a l'air si loin de la poésie chez moi.
Tu dis que tu as visité les châteaux de Peyrepertuse et de Quéribus, j'en parle aux textes 12 et 13. Rien de technique, j'ai envie de quitter le "ton" du professeur pour enfiler les vêtements de madame "tout le monde".
Vas-tu reconnaître ce que tu as vu?
Bonne journée.
Avec toute mon amitié.

Rosie a dit…

Nous en sommes en préliminaires pour ce rituel, bien hâte de lire la suite, tu racontes si bien Muse et cela me fais penser aux rituels africains auxquels j'ai assisté.

Merci de nous partager tes souvenirs, douce Muse.

Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.

Anonyme a dit…

A bientôt pour un cours de danse! :) bises LFD1975

Rom a dit…

A mon tour de te souhaiter un bon début de semaine et une bonne soirée, Muse.
Mes pensées affectueuses et amicales t'accompagnent.

Mathilde a dit…

Bonsoir Muse,

C'est toujours intéressant et nous tient en haleine..

Merci pour tes passages si agréables, Maria reviendra me voir en juillet, je lui demanderai de t'expliquer la symbolique de son tableau sur le champignon, j'aurai trop peur de ne pas dire ses mots. Maria n’est pas qu’une artiste peintre comme tu as pu t’en rendre compte.

Bonne soirée Muse et à bientôt.

patriarch a dit…

On apprend beaucoup au contact de ces gens si près de la nature,qu'ils connaissent et aiment.

Bonne soirée.