vendredi 15 juin 2007

Une poule sur un mur (39)

Le matin du 9 août, quelques combats, un peu plus violents que la veille, avaient été déclenchés par les Français. On était entré dans la guerre. Le chef de la 39ème division d’infanterie dans laquelle servait papa, le Général d’ infanterie Théodor Freiherr von Watter déclencha une attaque en règle. Il fit pilonner les abords de Cernay par son artillerie, empêchant la progression des régiments d’infanterie ennemis. Puis il lança ses dragons dans la plaine environnante afin de débusquer les fantassins. Et ce fut sabre au clair que les quatre brigades chargèrent. A cet endroit une petite forêt était propice au camouflage des soldats. Et tout comme dans la forêt de la Hart, ce furent les dragons qui y pénétrèrent.

A l’issue de la première charge, il manquait beaucoup de monde dans les deux camps. Arme de taille, le sabre ne laissait aucune chance à son adversaire. Les blessures qu’il laissait étaient irréversibles et souvent même il apportait la mort dans d’horribles souffrances . De leur côté, les soldats, armés d’un fusil, surtout à bout portant, ne laissaient aucune chance aux cavaliers.

Et notre pauvre papa, en homme pacifique, supportait mal la situation dans laquelle il se trouvait. La mort n’avait jamais été chose facile à donner et, dans son cas, cela fut d’autant plus pénible qu’il devait tuer des frères. Son cœur depuis longtemps il l’avait donné à la France.



En ce début d’après-midi après un troisième assaut sur la petite ville de Cernay, qu’il fallait reprendre coûte que coûte, le régiment reçut, à son tour, l’ordre de se replier sur Neu-Brisach. Cela semblait incompréhensible à l’ensemble des soldats qui venaient d’installer leur position dans les premières maisons de la ville.Et lorsque la troupe se retira, il manquait dans le lot des absents, un soldat que nous connaissions bien. Papa était porté disparu, tué lors de cette troisième offensive. Certains dragons avaient vu son cheval s’écrouler et l’avait vu tomber au sol pendant l’attaque. L’ordre de repli n’incluait pas de ramasser ni morts ni blessés il fallait exécuter les ordres le plus rapidement possible pour rejoindre la totalité du quinzième corps.


Un ciel gris et pluvieux (nous ne sommes pas loin du déluge)ne m'empêchera pas de vous souhaiter une belle journée. Que la douceur qui irradie ce lieu vous gagne...

7 commentaires:

Gérard a dit…

La douceur m' a irradié Muse rien qu'en ouvrant ton espace encoquelicoté ! ! bonne journée à toi.

marie.l a dit…

un peu de lecture, toujours aussi intéressante, et puis s'en va vaquer sous un ciel aussi gris que chez toi. Néanmoins excellente journée Muse.BBBB

aben a dit…

...une horreur la guerre !

Bruno a dit…

un grand merci pour tes mots et ta fidélité

bérangère a dit…

c'est bon je suis irradiée...bon we !

brigetoun a dit…

be le déluge j'y ai eu droit de nouveau avec coupure d'électricté depuis ce matin, et l'impossibilité de me servir de mes plaques électriques avant examen. J'étais très misérable ce matin
Ce qui est un peu hors sujet, et infiniment moins grave que la guerre. Cette belle activité dont les humains ne se lassent pas

brigetoun a dit…

je trouve que tu as pris un ton très "compte rendu" quasi officiel