mardi 26 juin 2007

Une poule sur un mur (45)

Oncle Théo était déçu de ce repli. Il ne savait pas trop les conséquences que cela pouvait apporter. Il reçut ce soir là, la visite d’une cigogne, porteuse d’une lettre à laquelle il répondit. Le messager semblait bien rôdé à présent. Chaque fois c’était pour les hommes qui l’entouraient une surprise.

Et puis rapidement cela devint une habitude de la voir chaque jour ;on voyait Fraïhaït se poser à quelques mètres du groupe où se tenait notre oncle et attendre que celui ci vienne pour lui ôter le message. Puis elle savait que Théo lui donnait toujours en récompense quelques morceaux de ce pain de guerre, qui cale le ventre de soldats. Si quelqu’un d’autre s’approchait, elle reculait en sautillant. Ce soir- là, il sut l’inquiétude de sa belle-sœur. Lui non plus n’avait aucune nouvelle de son groupe. Il décida donc d’aller aux nouvelles, mais pour ce soir, il répondit dans son message que son régiment avait manœuvré vers le nord tout comme lui.

En réalité le quatorzième dragon n’avait pas replié sur Neu-Brisach, mais dans un léger repli avait rejoint un groupe plus important de la division. On leur avait demandé de repartir à l’assaut de Cernay et de tenir ; d’autres éléments allaient venir. Ce qui fut fait. D’ailleurs ils tinrent tellement bien tête aux positions françaises que ce furent ces derniers qui durent se replier. Cernay était à nouveau aux mains des Allemands. Cette guerre nous l’apprîmes bien plus tard fut celle de petites victoires et de petites défaites., plus que de grands coups d’éclats. Certes on se rappellera des taxis de la Marne ou du chemin des Dames mais on parlera plus de guerre de tranchées. Positions gagnées aujourd’hui et perdues le lendemain pour être reprises un peu plus tard.

Mais notre papa lui gravissait les Vosges avec sa nouvelle unité. Il discutait souvent avec les officiers de liaison, le soir au campement pour donner des détails sur les cartes, les positions des populations civiles, entre autres. Beaucoup de petites fermes n’apparaissaient pas sur les cartes d’état-major.


Que votre mardi ait la douceur qui règne ici ce matin.

7 commentaires:

brigetoun a dit…

les fermes n'apparaissaient pas sur les cartes d'état major, mais toi tu as du rassembléer une documentation pour être aussi précise sur les mouvements de troupes ?

tanette a dit…

Comme le dit Brigetoun, un gros travail que tu fournis là. Ici le mardi sera encore arrosé et bien plus frais que le lundi. Jeudi, cap vers le Var où nous irons chercher un peu de soleil.

Gérard a dit…

Je reviendrais sans arrêt jusq'aux rimailles na !

Le_peintre a dit…

J'y ressens une tranquilité à travers les agitations et les habitudes autour de la cigogne, et pourtant il s'agit bien là une guerre de tranchées.

marie.l a dit…

et ça continue, encore et encore
pour notre plus grand plaisir !
BBBB

Nathalie K. a dit…

Tu es une belle conteuse de guerres. Quand mon mari etait a la guerre je n'avais pas de cigogne. Je m'etais habituee a ne plus avoir peur d'entendre des coups sur la porte pendant la nuit. J'etais occupee avec les enfants qui etaient tous des bebes a l'epoque.

heure-bleue a dit…

Il pleut sur Paris mais j'adore la pluie...