mardi 29 avril 2008

Maraké

J'ai passé trois années à enseigner en Guyane; j'étais alors dans la petite bourgade de Maripasoula, huit cents âmes. J'ai rencontré des tas de gens: indiens Wayanas, Bonis que l'on disait "Nègres marrons", Créoles, Surinamiens, Haïtiens et autres Brésiliens. Carrefour de cultures où il fait bon écouter ce qu'il s'y dit. Je voudrais vous en tirer une histoire qui pourrait être vraie, l'histoire du passage à l'âge adulte chez les Indiens Wayanas. Je n'ai pas personnellement assité à ce qui va se passer mais j'ai écouté ce qu'ils racontaient.

Ecoute ,lecteur!!!


La nuit tombe vite sous l’équateur et Kulinaïlu venait de rejoindre le carbet familial. Elle s’installa avec son plus jeune frère dans un hamac afin d’y passer la nuit.
Dans le lointain, on entendait le moteur d’une pirogue remontant le fleuve Litany.
Le village était composée de cinq à six maisons, qu’on appelle aussi carbet. Elle avait passé la journée en compagnie de sa mère et de sa grand-mère à confectionner des poteries, de celles qui vont au feu.

Elle avait essayé de savoir qui étaient ces Indiens qui étaient venus au village. Elle ne les avait jamais vus auparavant. Il s’agissait en fait d’Indiens venus d’un village surinamien, situé sur le Haut Tapanahoni. Ils appartenaient à la même ethnie qu’eux, c’était des Wayanas. Les Wayanas, descendants des terribles Jivaros, les réducteurs de têtes, était un peuple à présent pacifique mais extrêmement fier.

Ils étaient venus rencontrer le chef de leur village. Mais Kulinaïlu n’avait pas pu en savoir davantage. Elle avait bien vu les vieilles proposer du cachiri, boisson fermentée à base de manioc et elle savait qu’on n’en offrait qu’aux hôtes de marque.

Et Kulinaïlu ne tarda pas à s'endormir, avec en musique de fond les bruits de la forêt…vous savez les inévitables crapauds- buffles, plus larges qu’une assiette creuse ;les singes atèles, appelés quatas qui s’approchent des maisons ;et toute cette multitude d’oiseaux, tous aussi braillards les uns que les autres ;rajoutez à cela les insectes , les cigales et vous avez tout un concert. Vous n'auriez pas pu fermer un oeil mais Kulinaïlu avait l’habitude de sa forêt et de ses bruits.

Et notre petite Wayana se prit à rêver ;elle chassait dans la forêt, loin du village...




Bonne soirée lecteur, laisse toi bercer par ce récit et attend la suite et tu apprendras ce qu'on m'a raconté. J'ai une pensée à la petite Kulinaïlu que j'ai eu en classe ma seconde année au cours préparatoire et qui aujourd'hui doit être une belle et jolie femme...

8 commentaires:

Rom a dit…

Le lecteur que je suis est sous le charme, séduit, impatient. Muse, tu n'as pas le droit de raconter une si belle histoire et de la stopper avant que vienne mon sommeil!
Bonne soirée, reviens vite!

Gérard a dit…

Tu finis par trois lignes très tendres comparées aux insectes, serpents singes et autres réducteurs de têtes du début de récit.

Rosie a dit…

Quelle belle histoire Guyanaise, j'étais fascinée par ton récit et hop! coupure et à suivre... j'ai envie de chialer un peu, ah! ah!

J'attends la suite avec beaucoup d'intérêt, douce Muse.

Bon mercredi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.

Lyse a dit…

J'attends la suite de cette jolie histoire que je pourrais raconter à mes petits écoliers
Hum j'attends la suite pour moi aussi
Au cameroun les crapauds- buffles m'empêchaient de dormir
Bisous douce journée Muse

herbert a dit…

Merci, Muse, pour ce dépaysement agréable et instructif.
Je me suis laissé bercer par ce récit, comme dans un hamac.
C'est tout dire...
Bisous

brigetoun a dit…

j'adore quand tu nous emmènes en Guyane (souvenir ému d'un feuilleton)

ariaga a dit…

Tout à fait passionnant et original, j'attends la suite...Je t'embrasse.

Anonyme a dit…

J'ai effectivement "écouté"!Et avec le son de ta voix bien frais, c'était encore plus aisé. bises à toi.LFD1975